Le Ghana mise sur l’élevage de pintades pour la création d’emplois en faveur des jeunes

​Gédéon Anaba est réveillé depuis l'aube, il veille sur ses pintadeaux et les œufs prêt à éclore ainsi que l'alimentation des pintades adulte et prêt à satisfaire la demande de ses clients venus acheter des œufs et des pintades. Depuis qu'il a pris sa retraite, les jours, l'homme de 64 ans n'a jamais été aussi occupé. Et cela n'est pas étonnant, au vu de la demande. Ce n'avait été autrefois qu'une occupation à temps partiel est devenu aujourd'hui une entreprise en plein essor.

"Dans les restaurants locaux, les clients préfèrent la pintade à la viande de volaille importée", explique Anaba, un éleveur de pintades dans la région de Boku au Ghana. Des stands de barbecue en bordure de route aux restaurants haut de gamme à travers le Ghana, la chair de pintade, nutritif et faible en gras représente une activité lucrative pour les petits agriculteurs qui désirent s'engager dans une forme d'élevage nécessitant peu d'entretien.

Le Programme de productivité agricole en Afrique de l'Ouest (PPAAO), qui collabore avec les chercheurs, les agriculteurs et les autres acteurs vise à édifier un système alimentaire pouvant subvenir aux besoins de l'ensemble de la sous-région.  Ce programme est en train de développer l'industrie de l'élevage de la pintade pour un en faire une machine de création d'emplois en milieu rural au Ghana. Au cours des deux dernières années, le PPAAO a aidé 80 éleveurs de pintades dans le Nord, le grand Est et ouest à développer leurs activités. Il a également permis de booster la production d'un vaccin produit localement efficace contre la maladie de Newcastle, un virus qui est mortelle pour la volaille. Plus de 38 millions de doses du vaccin ont été mises à disposition de 137,400 agriculteurs depuis 2013, et le vaccin est à présent exporté vers d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Niger et la Gambie.

Chaque bénéficiaire du PPAAO reçoit un kit de démarrage comprenant un soutien financier, un incubateur, un générateur, 500 œufs, un vermifuge, du fourrage et des vaccins. Les éleveurs bénéficiaires reçoivent également des visites régulières de formateurs agricoles qui renforcent leurs capacités sur les méthodes de soins aux volailles afin de maximiser leur chance de survie.

Les méthodes d'incubation et les techniques telles que la protection sous abri des pintadeaux afin de les protéger contre les oiseaux prédateurs ont stimulé le taux de productivité de plus de 500%. Avec l'aide du PPAAO, les agriculteurs peuvent maintenant produire entre 600 et 800 volailles par trimestre, soit en hausse de plus de 100 pintades par an.

Ce qui représente une véritable révolution dans l'élevage des pintades à petite échelle où le taux de survie peut sévèrement affecter l'entreprise.

Le programme d'élevage de pintades initié par le PPAAO-Ghana est conçu de sorte que à encourager les agriculteurs bénéficiaires à soutenir leurs paires dans leur communauté. Chaque éleveur bénéficiaire du PPAAO est mis en relation avec un éleveur aspirant de pintades à qui il prodigue des conseils et fournit l'accès aux ressources. Pour une somme modique, les bénéficiaires du PPAAO louent aussi des espaces dans leurs incubateurs aux agriculteurs qui veulent faire éclore leurs œufs. Des communautés entières d'éleveurs ont prospéré en conséquence. Aujourd'hui Plus de 50.000 personnes bénéficient du PPAAO, un objectif bien au-delà de l'objectif initial de 80 éleveurs.

"L'agriculture est déjà l'un des plus grands secteurs de création d'emploi au Ghana, et les efforts et l'optimisme qui dynamisent le secteur signifient que les actions en cours peuvent avoir un impact encore plus grand », explique Henry Kerali, Directeur de la Banque Mondiale au Ghana. "La Banque soutient l'industrie de l'élevage de la pintade au Ghana car c'est un secteur en plein essor - il a le potentiel de créer des milliers d'emplois, de générer des revenus en approvisionnant le marché local et international et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté."

Reconnaissant le potentiel de la filière, une communauté de plusieurs dizaines d'éleveurs veut aujourd’hui profiter de l'expérience de Adamu Mubarik, un éleveur de pintades de 34 ans originaire du village de Garu Tempane (721 Km de la capitale Accra). « Je reçois des appels des villages environnants tels que Kongo, Basunde " affirme-t-il. "Ils veulent profiter des technologies développées par le PPAAO notamment les techniques d'éclosion des œufs à l'aide d'un incubateur, ou acheter des œufs ou des pintadeaux. Ils ont entendu parler de la ferme et veulent voir ce que je pratique ici." ajoute Mubarik. Le jeune éleveur qui a reçu un kit de démarrage du PPAAO en 2013 produit aujourd'hui jusqu'à 3.200 volailles par an, tient à mettre ses paires sur le chemin de la réussite. Il offre des services de couvaison d'œufs aux autres éleveurs contre la modique somme de 20 Pesewas soit 5 centimes de dollars par œuf et conseille également les jeunes sur la façon de commencer une entreprise d'élevage de pintades.

« Avant que nous ne bénéficions des technologies et des techniques du PPAAO pour protéger nos volailles contre les prédateurs et les maladies, je ne pouvais pas produire plus de 100 volailles par an. Maintenant, nos pertes sont vraiment minimisées. Rien que pour cette année nous avons eu plus de 800 volailles, et pu donc embaucher des jeunes pour m’aider », a affirme-t-il. "Grâce aux revenus de cette activité, j'ai pu payer les frais universitaires de mes enfants sans avoir fait de prêts." ajoute Adamu Moubarak.

Aujourd’hui Moubarak fait de son mieux pour transmettre ses nouvelles connaissances acquises aux jeunes car qu'il sait ce qu'il sait mieux que quiconque les nombreux obstacles, le manque d'opportunités auxquels font face les jeunes en Afrique malgré leurs ambitieux et motivation. Etant lui-même un jeune diplômé qui s'est retrouvé sans emploi à la sortie de l'université et qui a été contraint de compter sur le soutien de son oncle résidant à la capitale Accra. Maintenant qu'il est devenu un entrepreneur accompli il a pu à son tour financer les études de sa sœur à l'université, subvenir aux besoins de sa famille et agrandir son entreprise afin de créer des emplois dans sa communauté. Le succès de Moubarak a fait de lui un modèle pour les jeunes qui ont la volonté de créer dans leur propre entreprise. « La pintade est une industrie très lucrative pour chaque jeune homme qui s'y engage". Dans ce domaine, vous pouvez faire des gros profits », déclare-t-il. « Les jeunes devraient opter pour l'élevage de pintades, cela peut vraiment changer leur vie."