SRI : Redonner un nouveau souffle à la riziculture au Mali pour combler l'écart de productivité

Au Mali, le riz constitue l’aliment de base, il contribue à lui seul pour environ 5 % du PIB du pays. Cependant, malgré l’augmentation croissante de la production, le Mali est obligé de faire recours à des importations pour couvrir plus de 45% de ses besoins en riz. Cette forte dépendance aux importations déséquilibre gravement la balance commerciale.

L’adoption d’un Système de Riziculture Intensive (SRI) introduite par le PPAAO apparait aujourd’hui comme une formidable opportunité pour renverser la tendance actuelle, accroître durablement la production de riz et lutter contre l’insécurité alimentaire au Mali.

Le projet régional de « Développement et diffusion à grande échelle du Système de Riziculture Intensive (SRI) en Afrique de l’Ouest” s'inscrit dans le cadre du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l'Ouest (PPAAO) à travers le Centre National de Spécialisation-Riz du Mali.

Le système de riziculture intensive, ou SRI, est une approche agro-écologique qui permet aux agriculteurs de riz de maximiser leurs rendements tout en diminuant au même temps les intrants tels que l’eau, les engrais chimiques, les herbicides et les pesticides. La méthodologie SRI fonctionne en grande partie avec les moyens rudimentaires des agriculteurs en matière de ressources et peut être appliquée à toutes les variétés locales ou améliorées.

Avec moins de semences, moins d’eau et moins d’engrais, les agriculteurs peuvent produire du riz avec des rendements moyens de plus de 50% d’augmentation du rendement.

« Auparavant je pratiquais le semis à la volée avec 120 kg de semences de riz paddy je récoltais 3 à 4 tonnes/ha puis je suis passé au système de repiquage ordinaire qui me permettait d’obtenir environ 5 tonnes avec 80 kg de semences sur une superficie d’un (01) hectare. Mais l’introduction du SRI par le PPAAO a permis une augmentation des rendements ; actuellement les rendements sont de l’ordre de 8 à 8,5 tonnes /ha avec un maximum de 15 kg de semences de riz paddy utilisées » affirme Adama DOUGNON, producteur de riz dans la plaine de SAN OUEST (localité située dans la Région de Ségou-Mali à 400 km de Bamako).